Le chevalier cuistot

Il était une fois, l’histoire du chevalier cuistot. Le chevalier cuistot était malin et cultivé mais il n’aimait pas la guerre. Il connaissait tous les secrets des plantes, des fleurs et des épices qu’il avait appris de sa mère, pieuse cuisinière béarnaise et il connaissait également tous les secrets de l’océan, des poissons et des crustacés de son vaillant père, grand navigateur vendéen. 

Le royaume où il vivait était souvent en guerre et avait donc besoin de chevaliers et de marins guerriers. Comme il était très malin, il avait été fait maréchal d’élogie à l’artillerie de marine mais il détestait la guerre car il trouvait cela idiot et il préférait flâner à d’autres occupations plus artistiques comme la peinture, la sculpture ou l’écriture. Comme il était très gauche, avec une épée ou sur un cheval, il avait été vite cantonné aux cuisines du royaume.

Evidemment, les autres chevaliers du royaume se moquaient de lui: « Qu’est-ce donc que ce chevalier qui ne sait même pas conduire un cheval ? » « Comment peut-on servir efficacement et optimalement  le royaume en écrivant ou en dessinant ?»

Le chevalier-cuistot  adorait lire des livres au fond de sa grotte magique et il savait bien que ces mots n’avaient pas de sens. D’abord parce que ce n’était pas vraiment du français que de dire « optimalement » et ensuite parce que la vie est bien trop courte, pour faire des choses qu’on n’a pas vraiment envie de faire, comme de faire du mal à des gens qui ne nous ont rien fait, juste parce qu’ils sont nés de l’autre côté du ruisseau. Oh ! Pour çà, il trouvait cela vraiment idiot et il préférait faire des choses qui pour lui avait du sens, comme d’écrire des histoires de cache-cache où les papas se transforment en poisson ou de désosser des poulets pour les farcir avec des langoustines et des champignons.

Un soir d’hiver où il visitait les vergers du royaume, pour protéger les arbres fruitiers du gel, il glissât sur une plaque de verglas et tombât dans les pommes. Lorsqu’il rouvrit les yeux, il était nez à nez avec la princesse Gisèle, grande guerrière amazone de la forêt qui l’avait capturé pour demander une rançon au royaume. Le chevalier cuistot fut immédiatement subjugué par tant de beauté et tombât amoureux de la princesse Gisèle, immédiatement et pour toujours. Il entreprit alors de la séduire en lui cuisinant des plats et en lui racontant des histoires. La princesse comprit très vite qu’elle ne pourrait pas tirer grande rançon de ce cuisinier mais appréciait beaucoup ses plats, sa créativité et son habileté pour sauver les orchidées de la forêt. Elle finit par tomber amoureuse, il eurent 2 beaux enfants puis se marièrent.

Ils vivaient heureux dans la forêt où il finit par ouvrir une taverne: le Marval, qui n’était pas vraiment son établissement parce que, en fait, et bien c’était Dame Raymonde qui était la vrai patronne. Lui, il préférait cuisiner, bouquiner ou se balader dans les bois pour ramasser des cèpes et des girolles.

Tout le monde adorait sa cuisine et des gens venaient de tout le royaume pour se régaler.

Un jour, il entreprit de cuisiner des crustacés pour les clients du Marval. Il partit à la pêche, équipé de sa fouëne magique et de son armure, fabriqué de bric et de broc, avec des carapaces de homard, qui rougissaient sous la chaleur du soleil. Ce jour de grande marée, à marée basse, un terrible crabe géant sortit de nulle part, l’attaqua et le pinça mortellement au poitrail. Malgré tout l’amour de ses proches, il ne pu malheureusement rien faire et mourut 3 mois plus tard, des suites de ses terribles blessures.

Maintenant, on parle encore de sa légende, de belle-île-en-mer à l’île de beauté, il est reconnu de tous les grands amateurs de la vie, sous le nom de l’ange-joui, car de la vie il en jouit, et vous invite tous, à en faire autant, depuis son paradis.